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16/12/2008
La réforme du crédit revolving est en marche
Le 11 décembre dernier,
Christine Lagarde (ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi) et
Martin Hirsch
(haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté) ont présenté à des parlementaires de la majorité et de l'opposition
le
rapport sur le crédit renouvelable rendu par le cabinet
Athling Management. Cette réunion officialisait le début d'un travail de
concertation destiné à préparer une
réforme du crédit à la consommation. Le gouvernement présentera un
projet de loi d'ici fin
Mars 2009 (source : AFP, 11/12/08).
Quel est l'objectif de ce projet de loi ? Mettre fin aux
dérives du crédit renouvelable qui, lorsqu'il est mal utilisé, peut
ouvrir la porte au
surendettement, comme le dénoncent régulièrement les associations de consommateurs et d'autres spécialistes
de la question, comme le sénateur UMP
Philippe Marini (rapporteur général de la commission des finances du Sénat) : « Il faut
éviter de créer du "subprime" à la française. Si on continue avec les outils actuels, c'est ce qu'on va faire », déclarait-il
y a peu. Et l'UFC-QueChoisir de renchérir : « Le risque de voir les consommateurs fragiles recourir à cette forme de crédit pour
répondre à des besoins essentiels s'accroît alors que les effets de la crise se font de plus en plus ressentir sur le
budget des
ménages ». Selon le rapport publié par le cabinet Athling Management,
85% des dossiers de surendettement comprennent en effet
au
moins 1 crédit renouvelable. Les ménages qui ont déposé de tels dossiers possèdent, en moyenne, 5 crédits renouvelables.
Souvent montré du doigt, le crédit renouvelable (appelé aussi "
crédit revolving", ou encore "
réserve de crédit") est une
enveloppe de crédit disponible qui se recompose au fil des remboursements (jusqu'à une certaine limite), sans que l'emprunteur ne
soit contraint par un échéancier de remboursements. La somme empruntée est dès lors soumise à des
intérêts très élevés, parfois
proche du
taux d'usure, de 20,7% actuellement (plafond indépassable fixé par le législateur).
Christine Lagarde ne s'est pour l'instant pas avancée concernant les mesures concrètes qui seront prises pour
réguler plus
efficacement le crédit renouvelable. Elle a toutefois indiqué que ces mesures concerneraient principalement l'
information des
particuliers et la
responsabilisation des sociétés de crédit. La ministre a notamment fustigé la publicité faite autour du crédit
revolving, « souvent maladroite, peu lisible, peu explicite, et excessive ».
Selon Madame Lagarde, le projet de loi devra également veiller à ce qu'« un consommateur n'entre pas dans du crédit à la
consommation sans s'en apercevoir ». A ce propos,
Philippe Marini avait proposé, dans une proposition de loi présentée
mi-Novembre, d'
interdire la conclusion de tout contrat de crédit renouvelable sur le lieu de l'achat (plus de 50% des cas),
le plus souvent dans l'enceinte de centres commerciaux ou de grandes surfaces. Interdiction à laquelle la ministre de l'économie
s'est dite opposée. A la décharge de la ministre, l'étude d'Athling Management fait d'ailleurs aussi l'écho de l'Association
Française des Sociétés Financières, selon laquelle la distribution de ce type de crédit est « responsable », puisque 45% des
demandes sont refusées. Si l'UFC-QueChoisir a salué l'annonce du gouvernement, l'association de consommateurs a toutefois relevé
qu'en l'état « la proposition Marini est beaucoup plus efficace et concrète ».