Dans son dernier baromètre du surendettement, s’arrêtant à fin Mars 2009, la Banque de France fait état d’une hausse sans précédent des situations déclarées de surendettement en France.
En effet, le nombre de dossiers déposés a augmenté de 28% en 1 an, pour atteindre le triste record de 21 747 dossiers sur le seul mois de Mars, portant le nombre total de dossiers déposés au cours des 5 dernières années à presque 1 million ! C’est la plus forte hausse enregistrée depuis la création des commissions de surendettement (il y a presque 20 ans). L’augmentation du nombre de redépôts de dossier, depuis le début de l’année, a d’ailleurs en partie alimenté cette recrudescence ; ce qui n’est pas une information rassurante en soi.
Le montant moyen de l’endettement a lui aussi augmenté, de 13% en 1 an, atteignant un nouveau seuil de presque 40 000 €, et témoignant sans doute de la précarité croissante des foyers à revenu modeste face à la crise.

Prêtons une attention particulière aux dettes immobilières contenues dans les dossiers déposés : non seulement leur part a augmenté entre 2008 et 2009 (de 7%, les dossiers incluant au moins un crédit immobilier sont passés à 9% de l’ensemble des dossiers), mais surtout le montant moyen de ces dettes immobilières est passé de 62 000 € à quelques 80 000 €, soit une hausse de presque 30% sur 1 an.
Quant aux dossiers qui contiennent au moins un crédit revolving, la baromètre de la Banque de France confirme la tendance : ils représentent 85% des dossiers de surendettement déposés ! Un chiffre pour le moins éloquent qui, à lui seul, justifie l’intensité des débats sur l’efficacité du projet de réforme du crédit à la consommation présenté par le gouvernement en Conseil des ministres le 22 avril dernier.