Les commissions de surendettement ont été instituées lors de la promulgation de la première loi contre le surendettement le 31 décembre 1989. Cette loi, dite loi Neiertz, entendait s’attaquer au phénomène grandissant du surendettement.
Si, depuis, les causes du surendettement semblent avoir changé de nature, les commissions de surendettement ont toujours lieu d’être. La loi, dite loi Borloo, de 2003, confirme et étend même leur rôle en créant la procédure de rétablissement personnel.
Plus de 180 000 dossiers sont déposés à la commission de surendettement chaque année.
Les commissions de surendettement ont pour mission de rechercher des solutions aux problèmes rencontrés par les particuliers surendettés. Il faut les considérer comme la dernière solution face au surendettement, après avoir tout essayé – le rachat de crédits notamment.
Le surendettement ne commence pas à partir du moment où ses ressources sont inférieures à ses dépenses. Avant d’envisager la saisine de la commission de surendettement, il faut procéder à l’analyse précise de sa situation financière, en diminuant certaines dépenses, en renégociant certaines échéances, en étudiant le rachat de ses crédits. A ce stade, nous conseillons de faire le point avec un travailleur social.
Attention, saisir la commission de surendettement n’est pas un acte anodin, et ne doit pas contribuer à déresponsabiliser les emprunteurs face aux risques du surendettement. La démarche conduit au fichage FICP pendant 5 ans maximum (impossibilité de souscrire de nouveaux crédits pendant plusieurs années…) ou, pire, à la faillite civile (vente de tous ces biens…).
L’appel à la commission de surendettement présage des moments assez difficiles qu’il ne faut affronter qu’en cas de nécessité absolue.

Les commissions de surendettement sont départementales. Il existe donc une centaine de commissions de surendettement en France.
Le secrétariat de la commission de surendettement est situé dans une succursale de la Banque de France. C’est le préfet du département qui la préside.
Le dossier de surendettement mentionne : l’identité du demandeur, sa situation familiale, le détail de ses ressources (attention, il ne faut rien oublier sous peine de voir son dossier refusé par la commission de surendettement), le détail de ses biens, le détail de ses dettes, les contacts des créanciers.
Pour saisir la commission de surendettement, il faut se procurer un dossier auprès de la succursale de la Banque de France. Il faut ensuite le remplir et surtout rassembler toutes les pièces justificatives demandées.
Seule la personne surendettée peut saisir la commission de surendettement. Les créanciers ne peuvent pas faire cette démarche, ni obliger le débiteur à la faire.

La commission de surendettement est composée de 6 membres :
Le préfet (président), le trésorier-payeur général (vice-président), le directeur départemental des services fiscaux, le représentant local de la Banque de France (secrétaire), un représentant des organisations de consommateurs, un représentant des organismes de crédits, un juriste ou une personne pouvant justifier d’une expérience dans le domaine du droit (il n’a qu’un pouvoir consultatif).
La commission de surendettement calcule ce que le surendetté peut rembourser à ses créanciers. Elle peut prévoir de reporter ou de rééchelonner les dettes du surendetté, de prévoir l’abandon de certaines pénalités, de demander la réduction de certains taux d’intérêt… Il s’agit d’une négociation à l’amiable avec les créanciers. La commission de surendettement ne peut rien imposer.
Un plan ne peut excéder 10 ans.
La commission de surendettement propose un nouveau plan. Il est soumis au juge de l’exécution qui peut forcer la décision.
La commission de surendettement vérifie si le surendetté remplit ces conditions :
La commission de surendettement peut décider de suspendre les dettes lorsque les ressources du surendetté sont trop faibles. Un moratoire ne peut excéder 2 ans. A la fin du moratoire, la commission de surendettement propose un nouveau plan de redressement ou l’effacement des dettes. On entre alors dans la procédure de rétablissement personnel.
(voir notre lexique du surendettement)
La commission de surendettement calcule ce qu’on appelle le « reste à vivre » du surendetté, ce qu’il lui faut pour assurer les dépenses courantes. Ses ressources sont au minimum égales au RMI majoré de 50% pour le conjoint.
La prise en charge du dossier par la commission de surendettement peut entraîner la suspension des procédures. C’est le juge de l’exécution qui en décide.