Le profil type des particuliers en situation de surendettement évolue.

La Banque de France a établi récemment une nouvelle description du profil type des particuliers surendettés français. Un profil qui évolue encore pour concerner de plus en plus une population fragilisée, seule.

La fragilité au cœur de nombreuses situations

La situation personnelle reste un facteur aggravant d’une structure financière déjà compliquée, souvent construite sur de nombreux crédits à la consommation.
64,2% des personnes faisant appel à la Banque de France pour résoudre leurs problèmes financiers sont seules : célibataires, veuves, ou divorcées. Très majoritairement locataires (78,6%), ce sont aussi des personnes proches de la retraite (23,6%).

Côté professionnel justement, le tableau n’est guère moins fragile.
Une large partie (47,6%) des dossiers de surendettement déposés le sont par des personnes au chômage, sans profession ou sans activité. Si des actifs y ont recours, ce sont très majoritairement des employés (35,1%) ou des ouvriers (24,5%).

Résulte de ces catégories socio-professionnelle une représentation forte de revenus mensuels bas, voir très bas, souvent inférieurs au SMIC (48,7%).
Tout est lié. Les conditions sont réunies pour une descente rapide voir vertigineuse vers le surendettement en cas de souscriptions répétées à différents types de crédits.
Ajoutons à cela des capacités de remboursement mensuelles inférieure à 450€ dans 81,2% des dossiers de surendettement déposés.

Des éléments alarmants

Bien entendu cette fragilité est déjà, en soi, un élément alarmant.

Mais le fait même que ces dossiers déposés présentent un nouveau degré de fragilité, implique que les solutions élaborées par la Banque de France pour les commissions de surendettement ne soient plus adaptées à ces profils.
La Cour des comptes note d’ailleurs : « La recherche d’un accord amiable […] est de moins en moins adaptée aux caractéristiques récentes du surendettement, notamment la baisse des capacités de remboursement des ménages« .

Le deuxième élément qui ne manquera pas de nous alarmer, c’est le fait que les emprunteurs surendettés se retrouvent dans une telle fragilité, que même les plans mis en place ne peuvent suffire à leur venir en aide. Pire encore, dans 40% des cas, les particuliers ayant déjà déposé un dossier récidivent, ne pouvant respecter leurs engagements pris lors du premier passage à la commission de surendettement, ou voyant leur situation se détériorer sans discontinuer.

Pour conclure cet article, n’oublions pas que nous parlons ici des données fournies par la Banque de France elle-même, concernant ses quelques 200 000 dossiers annuels. Elles ne prennent donc pas en compte d’autres situations catastrophiques dans lesquelles d’autres particuliers se trouvent.
Des particuliers qui font appel à des solutions alternatives (rachat de crédits, aides familiales, …), et non pas à la Banque de France. Ces particuliers-là ne sont pas totalisés dans ces chiffres, ne venant pas les grossir.
Cette étude de la Banque de France est donc un reflet, certes édifiant, mais incomplet de la situation des français face au surendettement.